Dieu, la Patrie, le Roi et le Rail.

Sur les chemins de fer

L’histoire du rail au Maroc est aussi riche que la naissance du Royaume moderne.

RABAT – Si la naissance du Maroc moderne s’est faite en partie par la conviction indirecte du protectorat espagnol et français, le chemin de fer a suivit le même fer de lance.

Officieusement, la naissance du rail est instaurée par les espagnols en 1859 lors de la guerre d’Afrique opposant le Maroc à l’Espagne, comme l’explique l’écrivain marocain Armando Smith dans son roman Hazou Bina Laalam, le but pour les espagnols était de déplacer les armes par la voie du rail. Mais ce premier chemin de fer sera démonté quelques années après.

Officiellement, les Sultans marocains ont essayé de mettre en place le chemin de fer, c’est le cas pour le Sultan Hassan Ier -qui d’ailleurs est le dernier grand Sultan de l’histoire du Maroc-. C’est dans cette vision de modernisation que Hassan Ier reçoit en 1887 une locomotive de fabrication allemande à l’initiative du gouvernement belge. Meknès devient le laboratoire d’Hassan Ier en effet, le Sultan essaye cette locomotive, mais n’étant pas convaincu il renonce à l’instauration du rail au Maroc.

En 1907, les français mettent en place une desserte ferroviaire à Casablanca dans le projet de construction du port. Ce premier chemin de fer qui a causé un conflit entre la France et les populations locales, sera inauguré en 1908.

Zid bina lgoudam yal babor labghal

La première locomotive en service au Maroc s’est rapidement trouvée un nom grâce aux marocains. Son nom était « babor labghal », signifiant « bateau des mulets », étant donné que la traction n’était pas motorisée. Néanmoins, les mulets étaient utilisé pour le transport des marchandises et des outils de construction, tandis que les chevaux étaient utilisés pour le transport des voyageurs, comme c’était le cas pour la première ligne ferroviaire à savoir Casablanca-Berrechid. Il fallait plus de dix heures pour atteindre une distance de 40km. C’est à ce point qu’ironise l’écrivain marocain dans son ouvrage, en mettant en scène un ouvrier autochtone qui se lève de la locomotive et demande aux mulets d’avancer : « zid bina lgoudam yal babor labghal ! ».

Mais, aussi vite que la transition 3G-4G, le Maroc adopte quelques années après la traction motorisée, dont la locomotive aura pour nom « El Machina ».

Immédiatement, un coup de fouet sera instauré pour dynamiser le secteur ferroviaire au Maroc à l’initiative des espagnols et des français.

En 1912, la ligne Casablanca-Rabat est mise en place ainsi que celle de Nador-Selouane, en 1915 c’est le tour de Kenitra d’être relié à Fès.

Ainsi durant une succession d’années et d’évènements, le rail va accompagner les faits historiques du Maroc (guerres, guerres civiles, émeutes, colonisation, indépendance, libération, développement etc.)

En 1927, le rail fait la rencontre avec le phosphate, il s’agit là de la date de mise en service du premier train électrique au Maroc.

Durant la période du protectorat, le chemin de fer ne cesse de se développer pour les transports civils, le transport de marchandise mais aussi le transport militaire.

Au lendemain de l’indépendance du Royaume, le Maroc va « nationaliser » et « marocaniser » les lignes de chemin de fer. C’est également dans cette vision que le Royaume a constitué l’ONCF en 1963.

L’Office National des Chemins de Fer a pour but d’exploiter, de gérer, d’organiser et de développer le réseau ferroviaire marocain.

Hassan II, l’âme symbolique du rail

Le défunt souverain chérifien était très à cheval avec l’humour et le sentiment de vouloir impressionner, c’était également le cas avec le rail, lorsque le Roi a décidé de nommer le premier TNR -qui faisait Casa Port -Rabat Ville- en « Aouita », qui était un champion marocain détenteur de plusieurs records du Monde en athlétisme. Le « Aouita » a été à l’époque, le train le plus rapide au Maroc, avec sa vitesse de 160km/h.

Mais le souverain avait également la volonté d’impressionner avec son train royal, un véritable trône circulant sur chemin de fer. Hassan II a rendu symbolique ce train royal de fabrication américaine en parcourant le Royaume. Aujourd’hui le train d’Hassan II est maintenu dans un entrepôt de l’ONCF et sous surveillance. Le train reste toujours le fantasme des enfants, son bruit, son voyage, un retour en enfance, se déplacer à travers les différents lieux, son organisation, son protocole. Le chemin de fer est une affaire royale.

Une industrie ferroviaire a vu également le jour au Maroc, malgré qu’elle soit timide elle a su réaliser de nombreuses tâches à l’image de conception de locomotives électriques, ou encore la rénovation des voitures. Cet exploit revient à la SCIF (Société Chérifienne de matériel Industriel et Ferroviaire), fondée en 1946.

Le rail marocain en émergence

Alors que l’on accuse le rail d’être à l’abandon par les autorités marocaines, en réalité, de nombreux projets sont en cours pour faire briller le rail que ce soit par le biais de la vitesse ou bien par la modernisation. C’est le cas pour la mise en place de la grande vitesse avec le projet Maroc LGV. Mohammed VI n’hésite pas à reprendre l’idée de son père, en souhaitant unifier le Maroc, du Nord au Sud, comme c’est le cas avec la liaison ferroviaire entre Tanger et les provinces du sud. La généralisation du rail est également en étude et en projet pour permettre de désenclaver et de booster le développement ainsi que les transports des régions marocaines.

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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