2016 – Année d’une intensité diplomatique pour le Royaume

Nous voici en 2017, le début d’une nouvelle année dans le calendrier grégorien. Avant d’entamer cette nouvelle année, il est important de faire le point sur les avancées de la diplomatie marocaine durant l’année 2016 qui aura connu de nombreux rebondissements diplomatiques pour le Royaume chérifien.

1ère étape : Le conflit Maroc/Suède et Maroc/Ban-Ki-Moon autour des provinces du Sud du Royaume.

Le 5 et le 7 mars 2016, Ban-Ki-Moon visitait les camps des séparatistes du Front Polisario et des réfugiés de Tindouf, en Algérie, en marquant son hostilité à l’égard du Royaume du Maroc en parlant de situation d’occupation au Sahara. Le peuple marocain touché dans ses sentiments favorables à l’intégrité territoriale descendait dans les rues de Rabat, Casablanca, Laayoune pour réaffirmer l’attachement immuable du peuple à la marocanité du Sahara. Après des gesticulations des alliés du Front Polisario (Algérie, Venezuela, Uruguay) pour défendre Ban-Ki-Moon face au Maroc, celui-ci s’est excusé envers le peuple marocain et une collaboration a été mise en place pour la réintégration des éléments de la MINURSO au Sahara (mission d’observation au Sahara).

Cette déclaration d’occupation paraissait tout à fait surprenante car plusieurs points ont renforcés la position marocaine à travers les années :

a) La constatation de l’exagération du nombre de réfugiés à Tindouf censé prendre part au référendum

b) Le détournement des aides humanitaires au profit des membres du Front Polisario et du régime d’Alger

c) Les exactions commises par le Front Polisario démontrés dans un reportage australien « Stolen » où les pratiques d’esclavages et de viols sont monnaie courante. Le chef du Front Polisario : Brahim Ghali est d’ailleurs inculpé par la justice espagnole pour génocides, viols en série et exactions.

Toutefois, Ban-Ki-Moon vient d’être soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin par le biais de la corruption, on pourrait se demander si l’ancien SG de l’ONU n’aurait pas été soudoyé par le régime d’Alger ? Enfin de compte, le Maroc a su tirer son épingle du jeu face aux différents adversaires de l’intégrité territoriale, y compris, les Etats-Unis qui ont voulu étendre des prérogatives du mandat de la MINURSO, ce à quoi Rabat est totalement opposée.

Le conflit avec la Suède s’est achevée sur une non-reconnaissance du Polisario de la part du gouvernement social-démocrate suédois. Cette crise a été l’occasion pour de nombreux hommes et femmes politiques marocains de tester leur capacité à obtenir des victoires diplomatiques. Dans ce sens, le Roi Mohammed VI avait envoyé la SG de la FGD (Fédération de Gauche démocratique) : Nabila Mounib connue pour son fort caractère. Celle-ci a très bien rempli son rôle de médiation, d’où l’intérêt pour le Palais de démocratiser l’accès à l’information sur la question du Sahara et la défense des intérêts marocains. Le Roi de Suède avait également reçu Rachid Taib Alami pour relancer la coopération bilatérale. Ainsi, les relations avec la Suède ont été normalisés et le potentiel de la coopération économique pleinement exploitée comme le démontre l’implémentation d’Ikea dans le Royaume. La crise avec la Suède démontre également que le Maroc doit se montrer davantage proactif dans les pays qui partagent l’idéologie socialiste sans pragmatisme d’Etat comme les pays nordiques d’Europe.

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2ème étape : Un équilibre dans les relations Ouest-Est : Une méfiance de l’Occident ?

L’année 2016 a été également un tournant dans les relations avec l’Occident (UE et USA). Bien que les pays occidentaux membre du Conseil de Sécurité ont favorisé la position marocaine lors du vote de la résolution onusienne sur le Sahara, Mohammed VI affiche désormais un sentiment de déception à l’égard de l’Occident qui pratique à bien des égards, un double jeu, pour maintenir un statu-quo au Sahara qui pourrait se transformer à terme en conflit armé entre les différentes parties concernées.

Avec la Russie, le Maroc avait sollicité, au mieux, la neutralité russe pour le vote de la résolution au Conseil de Sécurité mais c’était également une manière de montrer à l’Occident que le Maroc a perdu confiance dans ses alliés traditionnels occidentaux et qu’il peut se tourner vers d’autres puissances mondiales. Dans le cadre de la stratégie Gas to Power de 2025, le Maroc cherche à diversifier ses fournisseurs en gaz. En effet, le Royaume ne cherche plus à importer du gaz algérien qui passe par le gazoduc Maghreb-Europe Gas Pipeline du fait de la position du gouvernement algérien à l’encontre du Maroc sur la question saharaouie. Par la même occassion, le Maroc ne contrarie pas les intérêts d’exportations russes à l’UE vu qu’il stockera le gaz russe dans les différents ports marocains (Tanger Med, Jorf Lasfar, El Jadida ..) et exportera le gaz russe vers l’Europe avec un return sur les ventes au profit du Royaume chérifien.

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Les relations Maroc-Chine se sont renforcés via un réel partenariat économique et stratégique où la Chine a montré des signes très rassurants sur la défense de l’intégrité territoriale en empêchant la représentation du Front Polisario lors du Sommet Chine-Afrique où l’Algérie et l’Afrique du Sud insistait sur la représentation de la délégation de la RASD, la Chine reconnait que la RASD n’est pas un Etat reconnu internationalement (ni à l’ONU, ni par l’UE, ni par la Russie-Chine, ni par le CCG, ni par les USA), seul l’UA téléguidée par Alger et Pretoria continue à reconnaître la RASD bien que la tendance s’inverse clairement sur le continent comme le démontre la motion de suspension de la RASD signée par la majorité des Etats africains.

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3ème étape : Un rapprochement timide avec l’Iran : une marque de souveraineté face à l’Arabie Saoudite ? 

Parmi la nomination des ambassadeurs en 2016, l’envoi d’un ambassadeur marocain en Iran a été l’une des surprises face à une diplomatie marocaine qui est beaucoup plus proche du camp sunnite face aux problèmes sectaires qui touchent la région du Moyen-Orient. En 2009, le Maroc avait été le premier pays arabe à rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran après que celle-ci avait qualifié l’émirat de Bahrein comme 72ème province iranienne. Provocation inadmissible face à une dynastie frère de Bahrein qui a également toujours soutenu l’intégrité territoriale du Royaume. A la lecture de ses événements, la coopération Maroc-Iran serait simplement pragmatique où les deux pays peuvent gagner en coopérant dans plusieurs domaines (aéronautique, énergies renouvelables, sciences, espace ..) mais les deux pays ont des visions régionales complètement opposés et devrait le rester tant la vision Maroc-CCG est identique, en ce qui concerne, le Moyen-Orient. De plus, les pays du Golfe sont des soutiens sans faille de la marocanité du Sahara comme le démontre la non-participation de ces pays au sommet arabo-africain de Malabo. Il montre simplement que le Maroc peut rester fidèle à ses alliés mais il peut également en toute liberté choisir de nouveaux alliés économiques et diplomatiques.

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Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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