Kénitra : D’une casbah à une ville émergente !

Kénitra Située au nord-ouest du Maroc, Kénitra est considérée comme la capitale du Gharb. Aux attraits discrets, elle est pourtant la 4e ville industrielle du royaume.

Sous le protectorat (1912-1955), la ville connaît un essor considérable à l’initiative d’Hubert Lyautey (premier résident français au Maroc), qui voulut en faire une ville qui bouge et motrice de l’industrialisation marocaine. D’ailleurs durant plusieurs années, cette « nouvelle ville » a porté le nom de son initiateur : Port Lyautey.

L’agriculture fait bonne figure dans cette ville, qui produit en abondante quantité grâce aux différentes plaines et la situation favorable. A l’image d’un Maroc qui bouge, Kénitra est parmi les villes qui ont de l’audace. Comme en atteste Nador ou encore de Tanger, elle honorera demain le nouveau visage d’un Maroc qui change.

Il y a quelques semaines, le groupe PSA a procédé au lancement d’une usine automobile dans les environs de la nouvelle zone franche « Kenitra Atlantic Free Zone » qui se veut à l’image de l’expérience concluante de « Tanger Free Zone ». Si, nous n’avons qu’une idée vague en ce qui concerne les modèles des véhicules produits, nous sommes néanmoins certains que l’usine ambitionne à termes de construire 200 000 véhicules/ an (90 000 au démarrage).

Cette usine devait être construite initialement à Tanger, mais à l’initiative du roi Mohammed VI, elle a été délocalisée à Kénitra. Cette initiative est motivée pour casser le monopole et faire profiter à l’ensemble des régions le développement économique. D’une superficie de 64 HA, et un parc de 37 HA, l’usine ambitionne d’exporter à hauteur de 80%, avec un taux d’intégration qui pourrait se situer entre 60 et 80%. Le constructeur français envisage également de procéder à la fabrication des moteurs au Maroc. Pour permettre de satisfaire la soif en taux d’intégration, le Maroc va calquer la réussite de Tanger, pour développer un véritable écosystème dans la région.

 

(Illustration : Capture écran J.T Al Oula).

Outre, cette usine, la ville est déjà connectée au ferroviaire, que ce soit en passager ou en fret. La ville envisage désormais de se tailler une bonne taille, grâce à l’arrivée en 2018, de la première ligne à grande vitesse en Afrique. Elle reliera Tanger, la porte du continent, à Kénitra, l’émergente. A ce juste titre, un véritable chef d’œuvre architectural, auquel la traditionnelle épouse avec symphonie la modernité, pour offrir un véritable lieu de vie, il s’agit bien évidemment de la gare LGV. Cette gare permettra l’accès au « TGV marocain », comprenant une galerie commerciale, un food-court, etc.

(Illustration : Maquette officielle gare LGV Kenitra).

C’est sans compter le nouveau complexe portuaire « Atlantic Port » dont les travaux devraient démarrer cette année. Ce nouveau port rejoindra ainsi les mastodontes marocains de Tanger Med, Nador West Med, Casablanca Port, Agadir port, ou encore le développement de Jorf Lasfar. Ce port en eau profonde nécessitera un investissement d’environ 8 milliards de Dh. Ce port entre dans la vision marocaine 2030. Dans la phase II de ce projet, une nouvelle zone industrielle et logistique est prévue à proximité de l’autoroute.

Kénitra est reliée par autoroute sous le règne du roi Hassan II, dans les années 90. Un projet de rocade est en projet pour relier Kenitra à Sidi Kacem en 2×2 voies, sans oublier la mise à niveau de la route nationale Kénitra-Salé qui deviendra une « expressway ». Dans le cadre du projet « biladi », il y a la volonté de faire de Mehdia une importante station balnéaire touristique. Le programme comprend une nouvelle corniche, des attractions, des résidences, commerces etc. Il faut préciser que le projet « biladi » concerne le tourisme interne, en permettant de créer des villages vacances dans plusieurs villes marocaines et de promouvoir le tourisme local.

Dans le volet social, plusieurs projets ont été établis depuis plusieurs années. Le cas de plusieurs centres de santé, et l’inauguration prochaine du nouvel hôpital régional de Kénitra. Cet hôpital connaît souvent quelques retards, il est en chantier depuis bientôt 4 ans. Cet hôpital dispose d’une capacité de 400 à 600 lits.

(Illustration : Par la page facebook Kenitra Mdinti. Chantier de l’hôpital régional de Kenitra.)

Néanmoins, niveau transport urbain, la ville doit sérieusement se pencher sur ce volet en intégrant au moins un BHNS pour accompagner cet essor économique ou le développement du tramway. Le matériel roulant à Kénitra n’est pas très jolie à voir, malgré la dernière livraison de nouveaux bus.

Kénitra brille également par son club le KAC (Kénitra Athlétic Club), son stade est actuellement en extension et qui devrait accueillir 25 000 supporteurs.

La ville compte d’autres projets, c’est le cas pour un nouveau centre de tri pour les déchets, l’amélioration du paysage urbain, requalification de l’oued Sebou, etc. Il est clair que la ville est en train d’émerger, pour le bonheur des habitants et du Maroc.

 

 

 

Samy .A72 Posts

Étudiant en science politique, droit et spécialiste de nombreuses questions marocaines. Animateur chez Radio Atlas et journaliste chez Discovery Morocco.

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