Le Maroc a une chance en or de renouer avec l’Afrique du Sud

Depuis 2004, l’Afrique du Sud du clan Zuma s’est mise dans la peau de l’ennemi diplomatique déclaré du Royaume chérifien en ouvrant une ambassade du Polisario à Pretoria. La brouille a également concerné l’organisation de la Coupe du Monde 2010, où la nation de Mandela a été accusé de corruption. Il est devenu, un fer de lance, de la voix du Polisario dans la zone Sud et australe de l’Afrique. En 2016, malgré l’hostilité vive de la diplomatie de la nation arc-en-ciel, certaines pistes économiques montrent que le Maroc a une chance d’exploiter un renouveau avec l’Afrique du Sud.

N’oublions pas qu’El Khatib et Hassan II ont contribué à la libération de l’Afrique du Sud avec l’envoi d’argent, d’armes à Nelson Mandela qui, à juste titre, les avait remercié lors d’un discours sur le rôle du Maroc dans l’indépendance de l’Afrique du Sud.

1 – La nouvelle politique africaine du Maroc : Un renouveau de croissance pour l’Afrique du Sud par complémentarité ?

Depuis la crise économique de 2009, le modèle économique sud-africain s’essouffle. Passant par des périodes de récession et de croissance quasi-nulle, l’économie de la nation de Mandela passe par un chômage criant (29%), des inégalités sociales criantes comme le Brésil ou la Russie, l’absence de paiements de prestation sociales et la sécheresse qui provoque l’inflation des prix alimentaires.

De plus, l’industrialisation minière, pétrolière ne rapporte plus autant de revenus suite à la chute des cours sur les différents marchés et les nombreuses grèves dans ces secteurs avec un pouvoir syndical fort.

Le Maroc a des atouts à proposer au modèle sud-africain. Tout d’abord, l’agriculture est un levier de développement pour l’Afrique du Sud qui a de plus en plus difficile à assurer sa sécurité alimentaire face aux sécheresses.

Le secteur financier et bancaire qui est en forte progression au Maroc et qui part à la conquête des pays « ex-alliés » de l’Afrique du Sud comme la Zambie, le Nigeria etc. En isolant davantage l’Afrique du Sud, le Maroc peut l’amener à la raison par un dialogue constructif. Contrairement au régime algérien, parti prenante du conflit et peu enclin au dialogue, l’Afrique du Sud a l’avantage d’être un régime démocratique, plus pragmatique via ses intérêts économiques.

Bien que la politique africaine du Royaume soit pertinente, un seul Etat, y compris les Etats-Unis ou la Chine, n’arriveront à avoir un leadership sur le continent africain. Ainsi, provoquer un modèle de complémentarité pour l’Afrique avec à la tête : le Maroc, pays du Nord et l’Afrique du Sud, pays du Sud séduirait les autorités sud-africaines pour un renouveau de croissance basé sur l’offre et gagner des marchés comme l’Afrique de l’Ouest où le Maroc est bien présent.

Mettre en place une politique complémentaire de partage des marchés permettrait à l’Afrique du Sud de souffler vu que le commerce représente plus de 60% du PIB sud-africain.

2 – Des signes d’ouverture diplomatiques de part et d’autres mais une obstination du clan Zuma : 

Graham Maitland, directeur général de l’Afrique centrale et du nord au sein du ministère sud-africain des Affaires étrangères déclarait, lors de la Fête d’une Trône (réception à l’ambassade du Maroc à Prétoria) que l’Afrique du sud partage des liens d’amitié historique avec le Maroc, depuis que le Royaume a accueilli sur son sol les héros de notre lutte pour la libération au début des années 1960″.

Plusieurs think-tanks de grande influence et démocratiques comme l’ISS ont souligné que la structure économique marocaine et sud-africaine serait plus que bénéfique pour l’Afrique, en général dans un cadre gagnant-gagnant.

Toutefois, le clan Zuma paraît déterminé à mettre des « batons dans les roues » du Maroc en ayant retardé sa candidature à l’UA (Dlamini-Zuma), en recevant Brahim Ghali en Afrique du Sud et son vote « Non » pour le retour du Maroc à l’UA, en Ethiopie.

3 –  Zuma est de plus en plus contesté dans son pays : Vers une victoire de l’opposition ?

Lors des élections municipales sud-africaines de 2016, l’ANC (parti de Mandela et Zuma) ont perdu une grande influence sur plusieurs métropoles et villes comme Nelson Mandela Bay, le Cap, Port Elizabeth etc. Le parti d’opposition Democratic Alliance a su profiter de l’impopularité de Jacob Zuma, mêlé dans des affaires de corruption (à grande d’échelle) et d’abus de biens sociaux pour orienter son discours vers les classes moyennes et la classe noire marginalisée économiquement.

Bien que l’ANC reste encore majoritaire dans le pays, il ne dispose plus de la majorité absolu dans les villes amenant à des coalitions bipartites ou tripartites lors d’élaboration de conseil régionaux.

La crise économique perdure, de nouveau, en Afrique du Sud et l’impopularité de Zuma sont des atouts que la diplomatie marocaine doit utiliser pour ramener ce géant africain de son côté comme il l’a fait avec le Nigeria, ancien détracteur du Royaume.

Les Marocains et Marocaines doivent désormais comprendre que la mondialisation a introduit le concept du pragmatisme qui surpasse l’idéologie. Bien que les déclarations diplomatiques africaines paraissent idéologiques, la position de l’Afrique du Sud est logique dans le sens d’une rivalité économique entre elle et le Royaume. La position algérienne est aussi compréhensible dans sa volonté de dominer l’Union du Maghreb qui n’existe désormais plus suite à la politique africaine du Maroc et le basculement tunisien vers la COMESA. Habilement et par audace diplomatique, dépassant les tabous et l’orgueil traditionnel marocain, le Maroc a su retourner l’Algérie contre son propre piège.

« Les Etats n’ont ni amis, ni ennemis, mais des intérêts », à la diplomatie marocaine de la convaincre que nous pouvons être partenaires et complémentaires.

 

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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