Maroc : La démocratie ne se décrète pas mais se construit

Dans le monde contemporain du 21ème siècle, la démocratie représentative ou directe représentent les meilleurs systèmes politiques et de gouvernance. On assiste à une forte corrélation entre un état développé et un état de droit (démocratie).

Depuis une décennie, le Maroc a entamé des progrès de réformes visant à installer l’Etat de droit, promesse établie par le Roi Mohammed VI.

Quel bilan peut-on tirer de cette transition après 18 ans de règne sur le Trône alaouite ? Le bilan est mitigé :

  • Le Maroc n’est plus qualifié de régime autoritaire ou totalitaire selon les classements internationaux de référence comme Index of Democracy. Actuellement, le Maroc est proche du régime turc : il s’agit d’un régime hybride mélangeant les concepts démocratiques et autoritaires.

En effet, la Constitution du Maroc de 2011 est une première étape vers l’édification d’un Etat de Droit et n’est pas une fin en soi. Elle permet aux citoyens d’assurer que le parti en tête des élections législatives prenne la tête de l’exécutif. Le chef du Gouvernement dispose de pouvoirs plus renforcés et la proportionnelle (pluralité des voix) est garantie. Encore une fois il s’agit d’un bilan en demi-teinte, bien que le suffrage soit universel, l’équilibre des pouvoirs tend en faveur du Palais qui dispose d’importantes prérogatives comme les affaires étrangères, ratification des lois organiques en Conseil des Ministres, l’armée, la religion etc. Il existe donc une séparation des pouvoirs mais fragilisé par un déséquilibre.

Une nouvelle fois, l’élite politique n’est pas assez qualifiée pour assumer de lourdes responsabilités comme la diplomatie, l’armée, les affaires religieuses. Son incompétence se manifeste déjà dans les responsabilités communales et régionales où les scandales de corruption et de mauvaise gouvernance rythment le quotidien de nombreux marocains.

Imposer une Constitution par référendum n’est pas suffisant pour insuffler l’esprit d’une démocratie dans la société. Une démocratie passe par un peuple éduqué et malheureusement le Maroc souffre encore de l’analphabétisme, en particulier dans le milieu rural. L’analphabétisme touche une partie de la société qui ne peut pas exercer ses droits de manière responsable et constructive bien que son droit à l’éducation est également bafoué.

La démocratie passe également par une construction vers le bas : l’installation d’institutions fortes et la nomination de personnes compétentes au sein de l’administration, la fin de la corruption, l’établissement de contre-pouvoir solides (syndicats, groupes de presse et de pensée, pensée nationale, groupes philosophiques).

Pour conclure, la société et son état est le reflet de ces citoyens. Le Maroc ne pourra émerger vers une démocratie représentative et un Etat de droit complet qu’à travers un combat citoyen et responsable pour l’éducation et le civisme. Ces deux principes sont inéluctables pour obtenir une élite consciencieuse capable d’aller chercher les responsabilités et les assumer pour assurer un développement inclusif dans notre Royaume.

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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