Le Maroc et l’Afrique : Le point sur les échanges commerciaux

En 2011, le Roi Mohammed VI annonçait une réforme de la constitution posant les bases d’un Etat moderne tout en gardant un contrôle étroit sur les ministères dits de « souveraineté » (diplomatie extérieure, intérieur ..). Le préambule de la Constitution annonce clairement que le Maroc a pour objectif de renforcer sa coopération Sud-Sud. Qu’en est-il depuis 2011 ?

Le but de cet article est d’analyser les échanges Maroc-Afrique depuis 2011, un autre article sera publié sur les enjeux diplomatiques sous peu.

En effet, le souverain avait repris une formule très importante lors de son séjour à Abidjan en 2014 : « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », il annonçait également que l’ère de la colonisation était révolue, qui dit indépendance, dit également responsabilité.

Le Maroc est aujourd’hui le deuxième investisseur africain sur le continent-mère, quels sont les acquis de cette politique africaine ?

Trois constats peuvent être tirés de cette relation commerciale avec l’Afrique :

I.  L’Afrique de l’Ouest : un marché largement gagnant pour le Maroc

Depuis plusieurs années, le Maroc a eu d’excellentes relations économiques et diplomatiques avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Le Roi Mohammed VI a effectué de nombreuses visites officielles au Sénégal, Guinée, Gabon, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire.

La carte ci-dessous reprend le montant des IDE en 2014 du Maroc :

Les plus gros IDE du Maroc se concentrent en Afrique de l’Ouest, la majorité se concentre au Mali et en Côte d’Ivoire où les activités agricoles de l’OCP et financiers-bancaires sont denses. On aperçoit également que le Maroc s’ouvre à des marchés économiques provenant de pays qui lui sont défavorables diplomatiquement comme le Cameroun ou le Nigeria avec la présence des cimenteries marocaines et le projet du plus grand gazoduc d’Afrique Maroc-Nigeria-Europe.

Le Maroc dispose également d’un excédent commercial largement en sa faveur avec les pays d’Afrique de l’Ouest et arrive à proposer des projets sociaux et des projets structurants pour des économies diversifiées.

II. Les pays pétroliers : La dépendance marocaine aux énergies fossiles

En revanche, le Maroc dispose d’un déficit commercial avec les pays pétroliers et gaziers du continents. En effet, le Maroc importe son gaz d’Algérie tandis que le marché algérien est assez fermé pour les produits marocains suite à la fermeture des frontières.

Afin de réduire la dépendance d’un pays hostile aux droits légitimes du Maroc dans son Sahara, le Royaume a lancé une stratégie double sur le gaz avec une arrière-pensée géostratégique :

a) Réduire la dépendance vis-à-vis du fournisseur algérien en diversifiant les partenaires : Russie, Nigeria, Qatar ..

b) Casser les parts de marchés de l’Algérie dans ses livraisons à l’Afrique subsaharienne et à l’Union Européenne en permettant le stockage de gaz liquéfié via les méthaniers et les ports marocains ouverts sur la façade Atlantique et méditerranéenne (Jorf Lasfar, Tanger)

III. Les ventes de l’OCP : Un atout pour la sécurité alimentaire du continent africain 

Annoncé en fanfare le 25 février 2016 à Marrakech, le lancement par le groupe OCP d’une filiale dévolue à l’Afrique a été soigneusement préparé pendant un an et demi. Alors que les prix des phosphates et des engrais sont au plus bas (du fait de la hausse des productions américaine et chinoise), les marchés subsahariens sont devenus la priorité commerciale du géant marocain. La tendance devrait s’inverser vu que la Chine et les Etats-Unis ne possèdent pas l’équivalent des réserves en phosphates du Maroc.

Le groupe veut encourager l’usage des engrais au sud du Sahara, actuellement dix fois inférieur au niveau jugé nécessaire (100 kg par hectare de terre arable) pour doper la production agricole. Objectif :  « Avec la création d’OCP Africa, notre objectif est de quintupler nos volumes en Afrique à l’horizon 2025 », prévenait Hind Kadiri, responsable du développement commercial de la nouvelle entité.

On peut dire que les résultats sont désormais positifs pour le Maroc car le Brésil, l’Inde, l’UE figuraient parmi les principaux clients du Maroc en terme de phosphate à tel point que le Maroc disposait d’excédents commericaux robustes avec le Brésil et la nation de Gandhi. L’ouverture à l’Afrique s’est manifestée par l’alliance entre l’OCP Africa et le groupe Dangotte au Nigeria, des investissements colossaux en Ethiopie, Tanzanie, Rwanda, Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali qui permetteront de soutenir l’emploi agricole dans un continent menacée par la sécheresse et la chute des rendements.

 

 

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