Nomination du nouveau Gouvernement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI

Après un blocage gouvernemental avoisinant les six mois, des spéculations quant aux possibles nominations ministérielles et des rumeurs véhiculées relatives aux dates de la prestation de serment devant le Souverain qui n’ont cessé d’agiter la toile depuis plusieurs jours, nous arrivons aujourd’hui à terme d’un blocage qui n’a plus que trop duré, et ce avec une composition gouvernementale comprenant 20 Ministres, 6 Ministres délégués et 13 Secrétaires d’Etat.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé ce mercredi 5 avril, au Palais Royal de Rabat, les membres du nouveau Gouvernement sous l’égide de Saad-Eddine El Othmani. Il est à noter que le Chef du Gouvernement est nommé par le Souverain et issu du parti arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants lors des élections législatives, et ce en vertu des prérogatives accordées au Roi dans l’article 47 de la constitution de 2011. Quant à la formation de l’exécutif, celle-ci se fait sur proposition du Chef du Gouvernement, les Ministres sont par la suite nommés par le Souverain qui dispose des prérogatives nécessaires lui permettant de mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs d’entre eux , et ce après consultation du Chef du Gouvernement.

Le Gouvernement actuel est formé par une coalition de six partis politiques, comprenant : Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), arrivé en tête des élections avec 125 sièges sur 395 que compte la chambre des représentants; du Rassemblement National des Indépendants (RNI), arrivé en quatrième place lors des élections du 7 octobre avec 37 sièges obtenus; du Mouvement Populaire (MP), cinquième avec 27 sièges; de l’Union Socialistes des Forces Populaires (USFP) sixième avec 20 sièges; l’Union Constitutionnel (UC) septième avec 19 sièges et enfin le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), huitième au niveau national avec 12 sièges.

Plusieurs changements ont été opérés au sein de l’organisation des ministères, un nombre important de secrétariats d’Etat ont également vu le jour. De nombreuses mutations de Ministres du Gouvernement Benkirane I et II ont aussi eu lieu, d’autres cependant n’ont pas été reconduit, tel que Driss El Azami El Idrissi, auparavant Ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget ou encore Abdelaziz El Omari, nommé par le Souverain en 2015 en tant que Ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile. Concernant le nombre de femmes au Gouvernement, il est actuellement de 9, contre 1 seule lors de la formation du premier Gouvernement sous l’ère Benkirane.

Mustapha Ramid, ancien Ministre de la Justice et des Libertés sous l’ancien exécutif  a quant à lui été nommé Ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme. Il exerçait avant sa première nomination en tant qu’avocat au barreau de Casablanca, il était également membre du Conseil consultatif des droits de l’Homme et figure aujourd’hui comme l’un des membres les plus influents du Parti de la Justice et du Développement (PJD), actuellement à la tête de ce Gouvernement.

Quant au Ministère de l’Intérieur, celui-ci fut attribué à Abdelouafi Laftit. Nommé en 2014 par le Roi Mohammed VI Wali de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et Gouverneur de la préfecture de Rabat, Laftit est diplômé des plus prestigieuses écoles d’ingénierie en France dont l’Ecole Polytechnique, en 1989, ainsi que l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées en 1991. Il succède ainsi à Mohammed Hassad, à la tête de se Ministère depuis 2013, qui quant à lui a été nommé par le Souverain Ministre l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Mohammed Hassad est également diplômé de l’Ecole Polytechnique de Paris, en 1974, et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées en 1976.

Le Ministère de la santé a quant à lui gardé le même Ministre, El Houcine Louardi. Dirigeant et membre du bureau politique du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Louardi a été doyen et professeur à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, il est également spécialiste en anesthésie-réanimation et en médecine d’urgence et de catastrophe.

Nasser Bourita, l’un des artisans de la diplomatie marocaine et expert du dossier du Sahara a quant à lui été promu Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, succédant à Salaheddine Mezouar, ancien Président du Rassemblement National des Indépendant (RNI). Rappelons que Nasser Bourita a été nommé par le Souverain en 2016 Ministre délégué auprès de l’ancien Ministre des Affaires Etrangères, Salaheddine Mezouar . Il s’est également vu confier les postes de Conseiller à la Mission du Maroc auprès des Communautés européennes à Bruxelles, Secrétaire Général et Directeur du département Nations Unies et des Organisations internationales auprès du Ministère des Affaires Etrangères et de la coopération du Royaume.

Aziz Akhannouch, Président du Rassemblement National des Indépendants (RNI) a quant à lui été reconduit à la tête du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, avec une plus large juridiction étant donné que son portefeuille ministériel comprend également le secteur des Eaux et Forêts. Il est à noter que Aziz Akhannouch occupe cette fonction depuis 2007, reconduit sous les Gouvernements d’Abbas El Fassi, Abdelilah Benkirane I et II ainsi que sous l’actuel coalition sous l’égide de Saad-Eddine El Othmani.

 

 

0 Comments

Leave a Comment

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Don't have account. Register

Lost Password

Register