Demande d’adhésion du Royaume à la CEDEAO

Dans un communiqué émis hier par le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, le Royaume a affiché sa volonté d’intégrer la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), organisation intergouvernementale ouest-africaine. Il s’agit d’une structure qui fut crée le 28 mai 1975, chargée de promouvoir la coopération entre les Etats de la région et ayant comme objectif leur intégration au sein d’un groupement économique et monétaire commun. Cette demande d’adhésion est un véritable coup de maître venant du Royaume, qui s’ouvrira à un important marché économique étant donné qu’il se retrouvera face aux attentes de 550 millions d’habitants que devraient abriter les Pays membres de la CEDEAO à l’horion 2050.

Le rôle de la CEDEAO ne se réduit pas à l’aspect économique uniquement, mais il s’étend également à la promotion du maintien de la paix et de la stabilité dans la région, marqué par la création en 1990 de la ECOMOG, sorte de force armée d’intervention commune, devenue permanente en 1999. Il est à noté que le Royaume participe activement aux missions de maintien de la paix au sein de la région, et ce dans le cadre de missions onusiennes comme en Côte d’Ivoire, mais aussi partout en Afrique, comme récemment en Centre Afrique. La CEDEAO constitue la vingtième puissance économique du monde avec un PIB commun qui s’élève à à 674,34 milliards de dollars, dont le Nigéria pèse considérablement détenant plus de 78%. Comme l’a relayé hier le communiqué, c’est sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que le Maroc a informé hier, vendredi 24 février, la Présidente en exercice de la CEDEAO et actuelle Présidente du Libéria M. Ellen JOHNSON, de sa volonté d’adhérer en tant que membre à part entière à cette communauté.

Cette demande intervient en parfaite continuité avec la politique menée au plan économique avec les Etats d’Afrique de l’Ouest, marquée par la signature de plus d’une centaine d’accords de coopération économique dans différents domaines passant de l’agriculture et la pêche à l’industrie et le secteur bancaire, ou encore plus récemment au domaine énergétique avec le Nigéria. Le projet de gazoduc entre le Nigéria et le Maroc revêt une importance particulière, étant donné qu’il devrait alimenter en gaz l’ensemble des Etats d’Afrique de l’Ouest ainsi que le continent Européen. La visite Royale au Nigéria a permis de donner un nouvel élan à nos relation bilatérales, qui entendent se raffermir et se consolider dans un futur proche. L’intégration à la CEDEAO permettra la libre circulation des personnes et des capitaux ainsi que la création d’une Union Douanière commune avec les Etats membres ainsi que la liberté d’établissement et de résidence. Le fait d’adhérer à une zone de libre échange permettra donc d’ouvrir d’importantes perspectives économiques pour le Royaume, tant en terme d’investissement que de commercialisation de la production. Le partenariat avec les Pays membres de l’organisation n’a cessé d’accroître à travers l’impulsion donnée par les 23 Visites Royales dans 11 pays de la région, chose qui a permis d’accroître considérablement la coopération multilatérale avec ces Etats d’Afrique de l’Ouest. En 2014, Sa Majesté le Roi Mohammed VI annonçait que le colonialisme était révolu et qu’il était temps de penser à de nouvelles perspectives tant sur le plan de l’économie, la culture ou encore le sociale, et ce en marge du forum économique d’Abidjan, c’est ce qui est aujourd’hui en phase de se réaliser.

Il est à noter que la demande formulée par le Maroc intervient en conformité avec les dispositions du traité fondateur de l’organisation ouest-africaine. La demande du Royaume devrait se solder par une admission à l’unanimité, étant donné les rapports privilégiés qu’il entretien avec l’ensemble des Etats membres, et plus récemment avec le Nigéria qui fut sujet à une visite royale qui a permis de réchauffer l’atmosphère de nos relations bilatérales. Il est à noter que le Nigéria a soutenu le Royaume dans sa démarche de réintégration au sein de l’Union Africaine en marge du 28e sommet ayant réuni les Chefs d’Etats et de Gouvernement à Addis-Abeba. Cette demande d’intégration s’inscrit donc en continuité avec la politique africaine menée par le Souverain depuis son accession au trône, elle entend concrétiser les efforts menée par le Royaume afin de promouvoir l’intégration régionale, tant au plan économique que politique.

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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