Le Roi Mohammed VI décide de nommer un nouveau Chef du Gouvernement

Abdelilah Benkirane

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de retour au Maroc au terme d’une longue tournée Africaine débutée le premier février, a décidé de nommer un autre membre du Parti de la Justice et du Développement (PJD) en tant que nouveau Chef du Gouvernement, et ce afin de dépasser la situation d’immobilisme actuelle.

Compte tenu du blocage relatif à la formation du gouvernement ayant duré plus de cinq mois, sans aboutir à la formation d’une majorité et en vertu des prérogatives que lui accorde la constitution de 2011, le Souverain a décidé de démettre Abdelilah Benkirane de la mission qui lui fut confiée 48 heures après l’annonce des résultats des élections législatives du 07 octobre, ayant porté le PJD à la tête des suffrages exprimés. La nomination du  Chef du Gouvernement figure parmi les prérogatives royales, comme mentionné dans l’article 47 de la constitution : « le Roi nomme le Chef du Gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants ».

Il est à noter que Sa Majesté avait exhorté Abdelilah Benkirane à plusieurs reprises, d’accélérer la formation du gouvernement. En effet, les conseillers du Souverain Abdelatif Mennouni et Omar Kabbaj ont eu un entretien avec le Chef du Gouvernement désigné fin décembre 2016, durant lequel ils lui firent part de la préoccupation de Sa Majesté de voir un gouvernement se former dans les plus brefs délais, compte tenu du retard qui pesait déjà, à deux mois de sa désignation. L’absence de signes précurseurs d’une éventuelle formation de gouvernement ont également remis en doute les chances de Abdelilah Benkirane d’y parvenir. Ce blocage est notamment du à l’acharnement de Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et tout nouveau Secrétaire Général du Rassemblement national des indépendants (RNI), de former une majorité gouvernementale confortable, incluant aux cotés du RNI, l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), le Mouvement Populaire (MP) et l’Union Constitutionnelle (UC). Cependant, Abdelilah Benkirane c’est farouchement opposé à une quelconque formation incluant l’USFP, point de discorde entre les deux chefs de Partis.

Le Communiqué du Cabinet Royal, rendu public hier en fin de soirée, met en avant le fait que le Souverain recevra dans le délai le plus proche une personnalité choisie du Parti de la Justice et du Développement (PJD) qu’il chargera de former le nouveau gouvernement. La constitution de 2011 accorde au Roi le droit de désigner un membre du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants, comme cité dans l’article 47, afin de le former. Actuellement, Saadine El Otmani, ancien Ministre des Affaires Etrangères au Gouvernement Benkirane I, est le plus vu afin d’assumer cette responsabilité. Mustapha Ramid, actuel Ministre de la Justice et des Libertés ainsi que Aziz Rabbah seraient également parmi ceux pressentis à cette futur désignation. Cette prochaine nomination royale sera en parfaite adéquation avec l’article 47 relatif aux prérogatives royales, étant donné que constitutionnellement, le Chef du Gouvernement peut ne pas être à la tête du parti ayant remporté le plus de voix aux législatives, mais se doit néanmoins d’en être membre.

Au terme de ce communiqué, Sa Majesté le Roi a tenu à saluer le haut sens de responsabilité et de patriotisme dont a fait preuve Abdelilah Benkirane, lors de la période durant laquelle il assuma la présidence du gouvernement, en toute efficacité, compétence et abnégation.

 

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