Vers une nouvelle impulsion aux relations entre le Maroc et l’ONU

Antonio Guterres, nouveau secrétaire général de l'ONU
 Les relations entre le Royaume et l’Organisation des Nations Unis (ONU) s’étaient profondément détériorées lors de la période de fin de mandat de l’ancien Secrétaire Général, Ban Ki-Moon, qui avait lors de sa visite à Tindouf en début mars 2016 provoqué un tollé diplomatique avec le Royaume, qualifiant sa présence au Sahara  d’« occupation ». Le Gouvernement marocain ne tarda pas à réagir suite à ces déclarations, faisant part de sa « grande stupéfaction sur les dérapages verbaux, les faits accomplis et les gestes de complaisance injustifiés » vis-à-vis du Polisario émanant du Secrétaire Général, qui constituèrent à l’égard du Maroc un non respect de l’impartialité et de la neutralité qui lui incombent dans l’exercice sa fonction. Le Royaume considéra également que l’utilisation du terme occupation constitue « une insulte pour le gouvernement et le peuple marocain ».

Les propos de Ban Ki-Moon furent d’autant plus alignés avec la position du Front Polisario et de l’Algérie, qui soutiennent la mise en place d’un référendum. Il considéra que les membres du personnel de la Minurso, Mission des Nations Unis pour le Sahara, étaient prêts à l’organiser s’il y’avait accord entre les parties. Cette déclaration fut considérée par le Royaume comme compromettante dans la poursuite des négociations. Ce manque d’impartialité et de neutralité furent d’autant plus flagrants étant donné que la question des droits de l’hommes et de la condition de vie des habitants de Tindouf ne fut en aucun cas évoquée, alors même qu’il fut interpellé lors de sa visite par des protestants dénonçant les conditions précaires au sein du camp, s‘ajoute à cela un point de discorde houleux qui confirme indéniablement l’absence d’impartialité, à savoir celui en rapport avec l’impératif du recensement de la population, mais également du détournement de l’aide humanitaire internationale destinée au camp qui ne furent également pas à l’ordre de la visite.

En signe de mesure à l’encontre des propos de Ban Ki-Moon, le Maroc décida de réduire de manière significative la composante civile et plus particulièrement politique de la Minusro dans le Sahara, insistant pour que leur départ ait lieu impérativement dans les jours suivant la publication du communiqué par le Ministère des Affaires Etrangères, le 16 mars 2016. La décision d’annuler la contribution volontaire du Royaume dans le fonctionnement de la Minurso fut également prise, estimée à trois millions de dollars, celle-ci témoignait de l’attachement du Royaume à faciliter les conditions de travail de la mission onusienne au Sahara. Malgré ces tentions qui refroidirent les relations bilatérales entre le Maroc et l’Organisation, un signe d’apaisement se fit ressentir de la part du Secrétaire Général lors de sa participation à la réception organisée par l’Ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, et ce à l’occasion de la fête du Trône, durant laquelle il chargea l’Ambassadeur de transmettre ses vœux de bonheur et de prospérité ainsi que ses félicitations pour l’engagement personnel du Roi Mohammed Vi pour les grandes causes des Nations Unies.

Le Maroc envisage aujourd’hui d’entretenir de bonnes et fortes relations avec le nouveau Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unis (ONU), le Portugais Antonio Guterres, qui prêta serment ce 12 décembre au siège de l’ONU à New York devant les états membres de l’organisation. Il est à noter que le tout nouveau Secrétaire Général n’est pas un inconnu du dossier du Sahara, étant donné qu’il fut Haut Commissaire aux Réfugiés et que c’est sous son mandat qu’il y eut l’officialisation du chiffre des 90.000 Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf, au lieu des 160.000 avancés par le Front Polisario et l’Algérie. Concernant la résolution du conflit, il considéra qu’elle n’était pas en corrélation avec une solution humanitaire étant donné la racine profonde de l’aspect politique dans le dossier du Sahara. Gueterres, tout comme le Maroc, plaide pour un recensement du nombre de réfugiés à Tindouf. Lors d’une rencontre en 2014 avec la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Mbarka Bouaida, Guterres a tenu à manifester l’appréciation du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) pour les initiatives du Roi Mohammed VI en matière de paix dans beaucoup d’endroits du monde qui ont une importance particulière pour le comité. Le haut fonctionnaire onusien de l’époque s’était également félicité de la coopération très étroite, positive et constructive entre le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) et le Royaume.

L’arrivée d’Antonio Gueterres prévoit une série de nouvelles nominations d’émissaires représentant l’Organisation des Nations Unis (ONU) dans le monde. Ces nouvelles nominations devraient également voir l’envoi d’un nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara, qui remplacera Christopher Ross qui a présenté sa démission dernièrement. En poste depuis bientôt huit ans, sa mission de conciliation et de médiation est marquée par un échec cuisant, étant donné que le conflit entre le Royaume et le Front Polisario, en stagnation depuis plusieurs décennies, n’a pu aboutir à aucune solution durable consentie mutuellement par les protagonistes. Jeffrey Feltman, responsable des affaires politiques de l’Organisation des Nations unies (ONU) a déclaré lors d’un point de presse que Ross « n’a pu ramener les parties autour de la table des négociations ». Il est à noter que le Maroc avait retiré sa confiance à Christopher Ross, accusé d’impartialité depuis le début de son mandat. Rabat l’accusait notamment d’être partial vis-à-vis du front Polisario, soutenu par l’Algérie où il fut Ambassadeur des Etats-Unis de 1988 à 1991. Cette démission devrait donc permettre de donner un nouvel élan aux pourparlers entre les parties, qui se devront d’être régis par l’impartialité et la neutralité, et ce afin d’éviter un regain de tentions entre l’Organisation et le Royaume, semblable à celui ayant de l’an dernier provoqué par le Secrétaire Général Ban Ki-Moon qui avait qualifié la présence du Maroc au Sahara « d’occupation »

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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