Vers un réchauffement des relations bilatérales entre le Royaume et le Nigéria

SM le Roi Mohammed VI et le Président Nigérien M. Muhammadu Buhari
Les relations entre le Royaume et le Nigéria tendent depuis la dernière visite Royale, le 2 décembre 2016, vers un réchauffement progressif qui compromet aujourd’hui plus que jamais l’alliance dite indéfectible entre Alger, Pretoria et Abuja, connu pour son hostilité face au Maroc.
 
L’entretien téléphonique qui a eu lieu hier, 1 mars 2017, entre le Souverain et le Président Nigérien Muhammadu Buhari témoigne de la nature bienveillante de leur engagement en faveur d’un réchauffement mutuellement consenti de nos relations bilatérales. Le Souverain s’est enquis des nouvelles de l’état de santé du Président, qui était à Londres pour une période de repos pendant laquelle il subit une série d’examens médicaux de routine, comme l’affirme un porte parole de la présidence. Il est à noter que des rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Président aurait été gravement malade, étant donné son absence de la scène politique nationale depuis le 19 janvier, période durant laquelle il fut remplacé par le vice-président Osibanjo
 
Cet entretien téléphonique fut également l’occasion de mettre en avant les conclusions de la réunion présidée par le Souverain à Casablanca, quant au projet du gazoduc atlantique, devant alimenter le Royaume en gaz provenant du Nigéria en passant par de nombreux Etats d’Afrique de l’Ouest. Ce projet d’envergure devrait également permettre à long terme d’alimenter l’Europe.  La volonté du Royaume d’intégrer la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) fut également à l’ordre de cet entretien, cet organisme inter-gouvernementale constitue la vingtième puissance économique du monde avec un PIB commun qui s’élève à 674,34 milliards de dollars, et dont le Nigéria pèse considérablement étant donné qu’elle en détient plus de 78%. Il est à noter que le Souverain a informé ce vendredi 24 février, la Présidente en exercice de la CEDEAO et actuelle Présidente du Libéria M. Ellen JOHNSON, de sa volonté d’adhérer en tant que membre à part entière à cette communauté, nouvelle qu’elle accueillit avec une grande satisfaction en exprimant son « adhésion » à la demande marocaine. Le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Salaheddine Mezouar a rencontré le 24 février la Présidente du Liberia, lors d’un entretien durant lequel M. Johnson a tenu à faire part de la position inchangé du Liberia face au Royaume. Ce Pays ami et allié d’Afrique de l’ouest a en effet soutenu le Royaume en signant la motion des 28 réclamant la suspension des activités de la RASD au sein de l’Union africaine, mais également lors du 28e sommet d’Addis-Abeba.
 
Fin décembre 2016, le Nigéria fut la troisième étape du périple qu’effectua le Souverain en Afrique, et certainement la plus cruciale, étant donné la position historiquement hostile d’Abuja face au Royaume marquée par son soutien à la RASD depuis 1984. Le fait de nouer de nouvelles relations diplomatiques basées sur la bonne entente et le soutien mutuel est donc hautement stratégique pour les intérêts du Royaume, tant sur le plan politique que diplomatique, le Nigéria étant le Pays le plus peuplé d’Afrique démographiquement parlant, mais aussi l’un des plus puissants économiquement étant donné ses ressources en terme de pétroles et de gaz, qui représentent 95% des exportations du Pays et 80% de son revenu intérieur. Les relations diplomatiques entre nos deux pays tendent donc vers un réchauffement graduel, marqué par la visite du Président Nigérien Muhammadu Buhari au Maroc afin d’assister à la Conférence des Parties, COP 22, organisé à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016. Il fut notamment reçu par le Souverain pour un entretien en tête-à-tête.
 
Concernant le volet religieux, le Royaume formera des imams nigériens comme il le fait actuellement pour de nombreux Pays africains et européens, afin de constituer un rempart contre l’extrémisme et la diffamation des préceptes de l’Islam au sein des mosquées. Le volet sécuritaire constitue également un axe stratégique de l’entente entre nos deux Pays, face à la menace grandissante que représente Boko Haram pour la stabilité du Nigéria et des Pays de la région. Cette organisation terroriste fait aujourd’hui face à une coalition menée par quelques Etats africains soutenus par leurs homologues européens. Il est à noter qu’en juillet dernier, Nasser Bourita Ministre délégué aux Affaires Etrangères et le Directeur Général des Etudes et Documentations (DGED) Yassine Mansouri furent reçus à Abuja, et ce par le Président Buhari afin de débattre des enjeux sécuritaires et de la menace que représente Boko Haram pour la sécurité dans la région.
 
Au terme de cet entretien, le Souverain remercia le président du Buhari pour son implication personnelle quant au soutien que présenta le Nigéria au Royaume dans sa démarche en vue de réintégrer l’Union Africaine. En effet, le Nigéria a soutenu le retour du Maroc au sein de cette instance qu’il quitta en 1984, suite à l’admission de la RASD, et ce lors du consensus en marge du 28e sommet réunissant les Chefs d’Etats et de Gouvernement à Addis-Abeba, en Ethiopie. Le Souverain a également assuré le Président Nigérien de son implication personnelle afin de concrétiser la mise en oeuvre d’un axe de coopération et de concertation entre nos deux capitales.

 

 

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