L’Arabie et ses alliés maintiennent la pression sur le Qatar : Quid du Maroc ?

L’Arabie Saoudite continue d’exercer des pressions diplomatiques sur de nombreux pays africains et arabes pour rompre les relations avec le Qatar dans cette guerre diplomatique intense. En témoigne, la rupture récente des relations diplomatiques entre la Mauritanie, le Sénégal, les Comores, la Jordanie avec le petit émirat du Golfe.

Une pression redoutable s’inscrit sur le Maroc où il doit choisir entre deux fidèles alliés même si l’histoire tend vers un rapprochement de l’axe saoudien. Cependant, la diplomatie prôné par Mohammed VI se veut absolument souverainiste comme lors du discours de Riyadh où il affirmait que son Royaume n’est la chasse gardée d’aucun pays devant les monarques du Golfe. Si il tient parole, la crédibilité du Maroc en sera sorti grandie. Le Maroc rejoint ainsi le camp du dialogue prôné par le Koweit et la Turquie. Tandis que l’Iran profite de cette crise entre deux leaders sunnites pour réaffirmer sa puissance régionale.

De plus, des soldats saoudiens se situeraient à la frontière avec le Qatar où l’émirat est accusé de financer le terrorisme. En réponse, l’allié Turc a renforcé ses capacités militaires dans sa base militaire de Doha. Le ministre des affaires étrangères iranien était en déplacement à Ankara pour discuter avec Erdogan et Yildirim d’une paix dans le Golfe. De plus, la Turquie et l’Iran aident le Qatar à contourner la pénurie alimentaire et l’embargo imposé par l’Arabie Saoudite et ses alliés.

Que reproche-t-on au Qatar ?

Depuis plusieurs années, l’Arabie, l’Égypte et les Émirats arabes unis mènent une guerre de leadership régional contre le Qatar. Ces ruptures de relation ne sont pas récentes. L’émirat du Koweit avait déjà tenté une médiation par le passé.

Le Bahreïn et le Yémen de Mansor Hadi, fortement dépendant de la monarchie saoudienne confirment leur vassalité aux Al-Saoud.

Les alliés de l’Arabie reproche au Qatar de soutenir les partis issus de la confrérie des Frères Musulmans en particulier en Egypte, où le Qatar s’oppose farouchement à Al-Sissi et soutenait l’ancien président égyptien Mohammed Morsi. On lui reproche également de soutenir l’Etat Islamique, les Houthis au Yémen etc.

Le Conseil de Coopération du Golfe avait classé les Frères Musulmans, le Hamas et bien d’autres organisations islamistes comme terroristes car selon l’Arabie et ses alliés, le rapport de force est bien trop puissant pour Israel pour mener un tour de force. Au dernier sommet de Riyadh, Trump avait souligné que le Hamas était un groupe terroriste et qu’un soutien américain passait par la mise aux bancs des pays qui soutiennent ces groupes considérés comme « terroristes » par l’administration américaine.

Pour lutter contre cette influence du Qatar, l’Arabie a soutenu un coup d’Etat à coup de pétro-dollars en Egypte qui a vu l’installation de la dictature militaire de Abdel Fatah Al-Sissi. Des e-mails récents du journal The Intercept démontrent également l’implication des Emirats Arabes Unis dans le dernier coup d’Etat du 15 juillet en Turquie. Le Qatar est également accusé d’ingérence dans les affaires tunisiennes et libyennes mais il faut souligner que le blocage libyen réside dans le fait de l’alliance pro-émiratie à soutenir le maréchal Haftar.

C’est aussi les Émirats, toujours avec l’Arabie saoudite et l’Égypte (après l’arrivée de Sissi) qui tentent de déstabiliser le Hamas à Gaza, notamment par le biais de M. Dahlan, soupconné d’avoir empoisonné Yasser Arafat et proche des thèses pacifiques palestiniennes.

Al Jazeera est également pointé du doigt dans son rôle de déstabilisation du monde arabe où elle soutient tous les mouvements de contestation : Rabiaa, printemps arabe et dénonce régulièrement la dictature égyptienne. On pourrait se demander pourquoi l’Arabie ne fait pas de même avec Oman et le Koweit qui ont des relations équilibrées avec l’Iran, principal ennemi de l’Arabie ?

Le Koweït aussi essaye de garder des relations équilibrées avec l’Iran et accepte les frères musulmans dans le jeu politique. Pourquoi n’ont ils pas rompu leurs relations diplomatiques avec le Koweït ? Ce qui les gênent, c’est que le Qatar refuse la tutelle saoudienne et américaine et suit son propre agenda et ses propres intérêts alors que l’Arabie saoudite et les Émirats aimeraient que le Qatar soit leur valet dans une course au leadership sunnite qui manque face au géant iranien.

Il est important aussi de rappeler que deux membres du Conseil de Coopération des pays du Golfe ont refusé de suivre l’Arabie saoudite et les Émirats dans leur croisade anti-Qatar, à savoir le Koweït et Oman qui ont toujours cherché à avoir une diplomatie équilibrée.

Selon Georges Malbrunot, l’émirat du Qatar cherche une médiation marocaine et turque. Deux pays fortement considérés par l’Arabie Saoudite et ses alliés.

Quelles sont les conditions posés par l’Arabie au Qatar ? 

Les alliés de l’Arabie posent comme condition à la normalité des relations : la fermeture d’Al Jazeera, fin de l’ingérence politique en Egypte, cessation de tout soutien politique et financier au Hamas et aux Frères Musulmans, expulser les cadres des FM hors du Qatar, cesser l’ambiguité des relations avec l’Iran, ne plus soutenir les Houthis implicitement au Yémen. Le Qatar voit les conditions saoudiennes comme u

La situation s’envenime davantage car des soldats saoudiens sont amassés à la frontière avec le Qatar. La Turquie a riposté en envoyant des soldats dans sa base militaire de Doha. Quel pays peut amener les parties à la raison ? En tout cas, il est clair que l’alliance arabe n’est plus que jamais divisée.

 

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