Les réformes imposées par le FMI au Maroc et coûts sociaux

Depuis de nombreuses années, l’Etat marocain mène une politique budgétaire restrictive tout en pratiquant une politique monétaire accomodante (baisse des taux d’intérêts). Le but de cette politique était de favoriser la création d’entreprises locales et stimuler la demande interne tout en gardant une stabilité macroéconomique : inflation maitrisée, ratio dette/PIB de 60% etc.

La mise en place de cette politique au Maroc a eu des effets contrastés : négatif sur le plan social, positif pour la stabilité extérieure et macroéconomique du Royaume.

Ainsi, la crise économique mondiale (2008-2009) et la panne de reprise économique, en Europe, pèse sur les devises (à l’export, IDE et autres) européennes vers le Maroc.  Ainsi, le FMI garantit des lignes de crédits et de précaution à l’économie marocaine qui pourrait être mis à mal en cas de chocs extérieurs en échanges d’assouplissements visant plus de privatisations du secteur public et de flexibilité.

Finalement, le Maroc a une dépendance vis-à-vis du FMI, bien qu’elle soit beaucoup plus marginale qu’à l’époque de la cessation de paiement de 1983.

Une des réformes préconisés par le FMI est de privatiser les secteurs publics de la santé et de l’enseignement. Par conséquent, la santé et l’éducation ne seront plus reconnues comme des droits fondamentaux, leur financement ne sera plus garanti par le budget public et leur contenu sera lié à l’esprit d’entreprise basé sur le profit.

Face à un Etat qui n’arrive déjà plus à offrir des conditions dignes dans le secteur public, une privatisation pourrait à terme léser les ménages les plus pauvres pour fournir une éducation à leurs enfants et se soigner convenablement.

Le FMI recommande également d’adopter une plus grande flexibilité sur le marché du travail qui peut se traduire par l’absence d’un pouvoir syndical fort, le gel des salaires (n’évoluant pas en fonction de l’inflation) et faciliter les licenciements de travailleurs.

Ainsi, la masse salariale qui est un composant essentiel de l’économie marocaine pourrait se rétracter et plomber la demande interne. De nombreux économistes marocains ont tirés la sonnette d’alarme sur l’essoufflement de la demande interne et que les réformes du FMI imposent un nouveau modèle de croissance basé sur l’offre.

Le passage d’un régime de change fixe à un régime de change flexible signifie que la monnaie marocaine sera soumise aux conditions d’offre et de la demande. Dans de nombreux pays (Egypte, Turquie, Algérie etc),  le passage à cette réforme a entrainé une chute de la croissance, une inflation autour de 5 à 10% qui lèsent les ménages les plus modestes.

Ainsi, les réformes préconisés par le FMI visent à soutenir la soutenabilité de la dette marocaine qui est un facteur essentiel de stabilité. La mauvaise gestion de la dette marocaine par nos gouvernants risquent-elle de se retourner contre les ménages les plus modestes et le secteur public qui garantit des droits sociaux ? L’avenir nous le dira.

 

 

 

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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