Les « nouveaux » stades marocains, lieu d’anarchie et problème de gestion ?

Rabat – Hier, 18 novembre 2017, nous étions nombreux à suivre la finale de coupe du Trône, un match opposant le Raja Club Atlétic (Casablanca) au club du Difaa Hassani Jadidi (El Jadida). C’est dans un complexe sportif (Moulay Abdellah) débordant que ce stade a démontré sa honte manifeste. Est-ce en raison de la gratuité de l’entrée au stade ? Nous avons pu constater que des supporters ont pris d’assaut les escaliers (interdits au public) menant à la maintenance des projecteurs, un esprit dangereux. Sans oublier qu’une barrière a cédé au niveau des escaliers et d’une passerelle sud, poussant des supporters à chuter de quelques mètres.

 

Un stade qui a nécessité plusieurs millions de dh pour son entretien et sa rénovation, sans oublier le scandale de la pelouse sous l’ère Ouzzine.

Le complexe Moulay Abdellah de Rabat n’est qu’un simple exemple, qu’en est-il de complexe Mohammed V de Casablanca ? Ce stade mythique qui a fait son temps et qui montre aux yeux du Monde que Casablanca, ville de football par excellence mérite un gigantesque stade de football, moderne, entièrement couvert, avec une gestion exemplaire est aujourd’hui une nécessité. Mais surtout qu’il soit accompagné par une véritable politique sécuritaire, des transports et de communication. Comme les stades d’Agadir et de Marrakech sont l’exemple de nouveauté à la marocaine, d’anarchie et de nombreuses problématiques, surtout que le Maroc se destine à organiser une coupe du Monde.

La question des transports est au cœur de la préoccupation, comment un stade situé en dehors de la ville (Marrakech par exemple), se retrouve confronté à l’absence de moyens de transport ? Comment un supporter peut-il se rendre au stade ? On se retrouve ainsi en jour de match, confrontés à des embouteillages, des débordements, une anarchie sécuritaire et de gestion.

Pour revenir sur le cas du complexe sportif Moulay Abdellah, est-il raisonnable de laisser les gens remplir un stade, au-dessus de sa capacité possible, sans assurer la sécurité des supporters ? Il y a ici une responsabilité à devoir assumer !

La problématique n’est pas de construire des stades, mais de s’assurer d’avoir une politique de gestion exemplaire, permettant d’assurer la sécurité, les transports des supporters, la communication, les moyens de modernité pour attirer aussi bien les locaux, les familles que les touristes. Puis de faire d’un stade, un levier de développement et d’attractivité pour une ville, un quartier.

De même, il est temps pour les grands clubs marocains d’avoir eux-mêmes des stades de football et de gérer sous différentes manières le financement ou par des espaces publicitaires et des moyens de rentabilité (billetterie, musée, boutique, etc.) ou par le « naming » à savoir le nommage d’une enceinte sportive.

Nous pouvons également mettre sur la table, la piètre retransmission des matchs, ou encore l’absence de visibilité pour un grand nombre de supporters au stade. Comme en atteste les poteaux d’éclairage au complexe Mohammed V, empêchant certains de voir une partie du terrain. De même au stade Marrakech, une partie des tribunes ne sont pas accessibles en raison de l’absence de visibilité.

Il est temps pour le Maroc, de construire un véritable complexe sportif intégré à Casablanca et d’assurer une location pour les deux clubs de la capitale économique Casablanca, qui puisse se trouver en dehors de la ville, avec un raccordement par les moyens de transport (RER, Tramway, Bus). De même de trouver un modèle de gestion pour rattraper les défaillances aux différentes stades du Royaume. Puis d’accélérer les chantiers des stades, des infrastructures et de moderniser esthétiquement et logiquement les stades du pays pour son dossier de coupe du Monde.

Tant que le Maroc n’aura pas résolu les problématiques, l’organisation de la coupe du Monde sera un véritable fiasco et une honte. Car le Maroc n’est pas en mesure d’organiser une coupe du Monde dans les meilleurs conditions. (Absence des transports, mauvaise gestion, infrastructures avec absence de modernité et de caractère, anarchie, corruption, marché noir etc.)

Voici une différence entre deux cas de figure.

Le plus grand stade d’Afrique du Sud, le FNB Stadium (ancien Soccer City) de Johannesburg et le plus grand stade du Maroc, le complexe sportif Moulay Abdellah.

Stade FNB en Afrique du Sud, observé, l’intégration du stade et la logique urbaine.

Le plus grand stade du Maroc, le complexe Moulay Abdellah.

Intérieur du Stade Moulay Abdellah, observez la distance entre la pelouse et les tribunes.

Intérieur du FNB Stadium. Contraste saisissant…

Le Stade comporte une liaison ferroviaire avec une gare, permettant de relier le centre des expositions et le stade, avec la ville de Johannesburg. Puis il y a des bus et une liaison par « autoroute urbaine ». Un aménagement urbain moderne et digne d’une grande ville.

Le Stade de Marrakech est un exemple pour la problématique du transport, avec une simple route nationale qui relie le stade à la ville. Aucun moyen de transport. Imaginez un samedi soir, le match de l’équipe nationale marocaine… Puis aucun espace vert, aucune intégration si ce n’est des complexes touristiques.

 

Mohammed Tabit389 Posts

Directeur technique du groupe discovery morocco.Entrepreneur web et dévelopeur marocain.

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